vendredi 27 mai 2016
Egoïsme
On peut se demander si des actions qui semblent désintéressées ne sont pas toujours des modifications de l'égoïsme. Le même objet peut être envisagé sous deux aspects contraires: comme dit Jean-Paul, la mer est sublime ou ridicule selon ce que le spectateur lui oppose dans son esprit. Vous pouvez croire que le désintéressement est la forme la plus raffinée de l'égoïsme, ou au contraire que l'égoïsme renferme en lui un germe de désintéressement qui s'ignore. De là résulte pour le philosophe cette alternative: ou placer au fond de l'égoïsme le désintéressement,—ou placer au fond du désintéressement l'égoïsme. Nous voilà amenés devant la grande question métaphysique, qui porte non seulement sur des faits, mais encore sur l'essence même de notre volonté. Et on ne pourra la résoudre entièrement par la seule analyse psychologique. Une telle analyse ne saurait établir la certitude du désintéressement; car, êtres imparfaits que nous sommes, nous pouvons et devons toujours nous défier de nous-mêmes et nous dire:—Suis-je bien sûr d'aimer? suis-je bien sûr d'être aussi complètement désintéressé que je voudrais l'être?—Nous demeurerons donc toujours en face de ce doute final:—Peut-être mon désintéressement est-il encore un intérêt inconscient. Doute salutaire d'ailleurs, car il oblige la volonté à agir sans cesse, à aller toujours plus loin et plus haut. Se trouvant toujours inférieure à l'idée qu'elle porte en soi, elle fait effort pour l'égaler et tend ainsi à se développer d'une manière indéfinie. En même temps que le problème est métaphysique, il est moral; on peut même dire qu'il est, par excellence, le problème moral. Aussi est-ce au point de vue de la moralité que nous devons enfin nous placer pour chercher si l'amour idéal est réalisable. Dans l'ordre moral, aimer n'est plus seulement une joie et un bonheur, c'est une nécessité sans laquelle il n'y aurait ni vraie justice, ni vraie fraternité. La question, ici, prend donc un caractère plus impérieux et appelle une solution plus pratique.
jeudi 11 février 2016
Flipper est flippant
La semaine dernière, j'ai eu l'occasion de réaliser un vieux rêve : nager avec des dauphins en Méditerranée. Une expérience extraordinaire, et que je ne regrette absolument pas. Mais plutôt que de faire un énième retour d'expérience sur le sujet, j'aimerais parler ici de ce que j'ai appris sur les dauphins ce jour-là. Le dauphin est sans doute l'animal préféré des jeunes filles en fleur (avec le cheval, bien sûr). Et c'est vrai que c'est difficile de ne pas les aimer. Comment ne pas aimer ce gros poisson qui sourit tout le temps, qui est particulièrement sociable, et qui est si joueur ? C'est une image même de vie et de joie ! Mais en fait, comme je l'ai appris, la réalité est plus complexe. Ils ont l'air tout mignons, quand leur jolie tête dépasse de l'eau. Mais quand on se retrouve dans l'eau avec eux, on découvre en fait leur véritable puissance : ils sont plus grands, plus gros, et plus puissants que nous. Beaucoup plus. Du coup, leur côté mignon est beaucoup moins prononcé, lorsqu'on se retrouve dans l'eau avec eux ! Surtout qu'en fait, le dauphin n'est pas du tout le gentil Flipper : il peut devenir extrêmement agressif. L'organisatrice m'a d'ailleurs dit qu'elle n'allait jamais nager avec eux lorsqu'ils étaient en chaleur : c'est trop dangereux ! Elle m'a également appris que les dauphins font partie des rares animaux à pratiquer... le viol collectif ! Et ça, ça change un peu le regard qu'on a d'eux, non ? Des groupes de dauphins mâles forment en effet régulièrement des alliances pour chasser en meute, séquestrer une femelle pendant des semaines et passer les uns derrière les autres ! Si j'avais su cela étant enfant, je n'aurais sans doute pas regardé Flipper de la même manière ! Pourtant, même en ayant appris cela, je continue à être tout attendri chaque fois que je pense à ce moment extraordinaire où je me suis retrouvé dans l'eau à Cannes à nager avec des dauphins. Ce sont peut-être des psychopathes, mais qu'est-ce qu'ils sont mignons ! Suivez le lien si vous souhaitez en savoir plus.
Djihadistes parmi les migrants ?
Dans un communiqué, les services allemands de renseignement intérieur ont indiqué être « préoccupés » par un éventuel recrutement de clandestins par les filières djihadistes.
La présence de djihadistes parmi les milliers de clandestins qui affluent en Europe, fantasme ou réalité ? Un nombre croissant de personnes envisage cette dernière possibilité.
L’Allemagne va ainsi peut-être bientôt regretter de s’être montrée si accueillante envers les clandestins ces dernières semaines. Les services allemands de renseignement intérieur ont ainsi déclaré ce mardi être « préoccupés » par le recrutement de terroristes islamistes parmi les clandestins.
Les réfugiés, des proies pour le prosélytisme islamiste
L’Office fédéral de protection de la Constitution, le Bundesamt für Verfassungsschutz (l’équivalent de la DGSI) a expliqué dans un communiqué que « Le fait que des islamistes, sous couvert d'aide humanitaire tentent de détourner à leurs fins la situation des réfugiés en faisant du prosélytisme et en tentant de recruter, nous préoccupe grandement ». Une menace qui peut surtout toucher les mineurs estime l’Office, qui indique faire « particulièrement attention aux jeunes réfugiés non accompagnés qui pourraient être des proies faciles pour les islamistes ».
Le nombre de salafistes en forte hausse ces trois derniers mois en Allemagne
Si l’Office ne possède pas encore d’information crédible portant sur une telle infiltration de terroristes parmi les réfugiés, il relève que le nombre de salafistes a considérablement augmenté dans le pays ces trois derniers mois, passant de 7 500 à 7 900. 740 ont également quitté l’Allemagne pour combattre aux côtés de groupes djihadistes en Irak ou en Syrie. Et, selon les services de renseignement, « Un tiers environ d'entre eux est revenu (dans le pays). Nous avons des données sur plus de 70 personnes qui ont une expérience de combat ».
Science: observer et expérimenter
Ceux qui ont condamné l'emploi des hypothèses et des idées préconçues dans la méthode expérimentale ont eu tort de confondre l'invention de l'expérience avec la constatation de ses résultats. Il est vrai de dire qu'il faut constater les résultats de l'expérience avec un esprit dépouillé d'hypothèses et d'idées préconçues. Mais il faudrait bien se garder de proscrire l'usage des hypothèses et des idées quand il s'agit d'instituer l'expérience ou d'imaginer des moyens d'observation. On doit, au contraire, comme nous le verrons bientôt, donner libre carrière à son imagination; c'est l'idée qui est le principe de tout raisonnement et de toute invention, c'est à elle que revient toute espèce d'initiative. On ne saurait l'étouffer ni la chasser sous prétexte qu'elle peut nuire, il ne faut que la régler et lui donner un criterium, ce qui est bien différent.
Le savant complet est celui qui embrasse à la fois la théorie et la pratique expérimentale. 1° Il constate un fait; 2° à propos de ce fait, une idée naît dans son esprit; 3° en vue de cette idée, il raisonne, institue une expérience, en imagine et en réalise les conditions matérielles. 4° De cette expérience résultent de nouveaux phénomènes qu'il faut observer, et ainsi de suite. L'esprit du savant se trouve en quelque sorte toujours placé entre deux observations: l'une qui sert de point de départ au raisonnement, et l'autre qui lui sert de conclusion.
Pour être plus clair, je me suis efforcé de séparer les diverses opérations du raisonnement expérimental. Mais quand tout cela se passe à la fois dans la tête d'un savant qui se livre à l'investigation dans une science aussi confuse que l'est encore la médecine, alors il y a un enchevêtrement tel, entre ce qui résulte de l'observation et ce qui appartient à l'expérience, qu'il serait impossible et d'ailleurs inutile de vouloir analyser dans leur mélange inextricable chacun de ces termes. Il suffira de retenir en principe que l'idée à priori ou mieux l'hypothèse est le stimulus de l'expérience, et qu'on doit s'y laisser aller librement, pourvu qu'on observe les résultats de l'expérience d'une manière rigoureuse et complète. Si l'hypothèse ne se vérifie pas et disparaît, les faits qu'elle aura servi à trouver resteront néanmoins acquis comme des matériaux inébranlables de la science.
L'observateur et l'expérimentateur répondraient donc à des phases différentes de la recherche expérimentale. L'observateur ne raisonne plus, il constate; l'expérimentateur, au contraire, raisonne et se fonde sur les faits acquis pour en imaginer et en provoquer rationnellement d'autres. Mais, si l'on peut, dans la théorie et d'une manière abstraite, distinguer l'observateur de l'expérimentateur, il semble impossible dans la pratique de les séparer, puisque nous voyons que nécessairement le même investigateur est alternativement observateur et expérimentateur.
C'est en effet ainsi que cela a lieu constamment quand un même savant découvre et développe à lui seul toute une question scientifique. Mais il arrive le plus souvent que, dans l'évolution de la science, les diverses parties du raisonnement expérimental sont le partage de plusieurs hommes. Ainsi il en est qui, soit en médecine, soit en histoire naturelle, n'ont fait que recueillir et rassembler des observations; d'autres ont pu émettre des hypothèses plus ou moins ingénieuses et plus ou moins probables fondées sur ces observations; puis d'autres sont venus réaliser expérimentalement les conditions propres à faire naître l'expérience qui devait contrôler ces hypothèses; enfin il en est d'autres qui se sont appliqués plus particulièrement à généraliser et à systématiser les résultats obtenus par les divers observateurs et expérimentateurs. Ce morcellement du domaine expérimental est une chose utile, parce que chacune de ses diverses parties s'en trouve mieux cultivée. On conçoit, en effet, que dans certaines sciences les moyens d'observation et d'expérimentation devenant des instruments tout à fait spéciaux, leur maniement et leur emploi exigent une certaine habitude et réclament une certaine habileté manuelle ou le perfectionnement de certains sens. Mais si j'admets la spécialité pour ce qui est pratique dans la science, je la repousse d'une manière absolue pour tout ce qui est théorique. Je considère en effet que faire sa spécialité des généralités est un principe antiphilosophique et antiscientifique, quoiqu'il ait été proclamé par une école philosophique moderne qui se pique d'être fondée sur les sciences.
mardi 27 octobre 2015
Pas de problème d'eau à Dubai
"Nous manquons d'eau dans les Emirats ? Mais c'est faux. Regardez, la mer en est pleine !" L'ingénieur arabe est content de sa plaisanterie, mais celle-ci comporte une part de vérité, car derrière lui se dresse la plus grande usine au monde de dessalement d'eau de mer. Un monstre d'acier et de tuyaux qui s'étend sur plusieurs centaines d'hectares. Chaque jour, l'usine engloutit 3,2 millions de mètres cubes d'eau salée pour faire jaillir 450 000 mètres cubes d'eau douce ! De quoi assouvir la soif de trois parisiens sur quatre. L'usine possède deux unités de dessalement. La plus ancienne est couplée à une centrale électrique dont elle récupère la chaleur pour distiller l'eau de mer. Cette dernière est chauffée sous forte pression dans des tuyaux. Puis elle est libérée brutalement dans d'énormes chambres où elle explose sous forme de vapeur qu'il suffit de condenser. La deuxième installation, opérationnelle depuis juin 2004, fait appel à une technique bien plus élaborée : la filtration sur membrane par osmose inverse. De bien grands mots pour signifier que l'eau est fortement pressée contre une membrane en polyamide dont les micropores ne laissent passer que les molécules d'eau. Et rien d'autre, pas même microbes et virus. Cette unité est la plus grosse de son type au monde, avec 170 000 mètres cubes par jour. L'intérieur ressemble à une cathédrale d'acier abritant 20 000 tuyaux d'orgue allongés sur des racks. Après un an de fonctionnement, l'usine de Fujairah donne entière satisfaction à son exploitant, au point qu'il envisage de doubler la mise : 900 000 mètres cubes par jour ! Soit 450 piscines olympiques. L'osmose inverse est bien moins gourmande en énergie que la distillation. elle a permis de diminuer considérablement les coûts de production et rend désormais le dessalement accessible à de nombreux pays du sud étranglés simultanément par une démographie galopante et par un épuisement de leurs ressources naturelles. Les usines poussent comme des champignons : Mexico (130 000 m3/jour), Carboneras en Espagne (120 000 m3/jour), Baya de Palma (68 000 m3/jour), Curaçao (18 000 m3/jour), Amman (130 000 m3/jour), Minera Escondida au Chili (45 000 m3/jour)... sans compter les dizaines de milliers de petites installations pour une île, un hôtel ou encore une usine nécessitant de l'eau ultrapropre. Sur les 71 villes de plus d'un million d'habitants manquant d'eau dans le monde, 42 sont proches d'un océan. Autant de futures adeptes du dessalement. Le contrat signé à Dubaï avec Palm Water vise à construire un réseau de 40 km et une usine de réutilisation d'eau usée qui sera destinée à l'irrigation des espaces verts et plusieurs golfs d'une ville nouvelle au sud-ouest du centre de Dubaï. Dans ce type de projet, jusqu'à présent, l'irrigation était le plus souvent effectuée avec de l'eau potable. Ce contrat de 800 millions de dollars au total comprend la construction et l'exploitation sur 10 ans d'une usine de 220 000 m3/jour (soit 900 000 habitants à terme) utilisant une technique membranaire innovante. Suez Environnement aura 54% du projet et le groupe de BTP belge Besix les 46% restant. Besix construit notamment la Burj Dubaï tower, la tour la plus haute du monde, il est un filiale du groupe égyptien Orsacom construction... celui là même qui vient d'entrer au capital de Lafarge. Source: agence incentive Dubai
Nouvelle marée humaine en Europe
"L'Europe est confrontée à une crise des réfugiés par voie maritime qui atteint des proportions historiques" indiqué le rapport du Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés.
Ils seraient 137 000 à avoir traversé la Méditerranée pour rejoindre l'Europe clandestinement au premier semestre 2015. Un chiffre en hausse de 83% selon le rapport publié ce mercredi par Antonio Guterres, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR). "L'Europe est confrontée à une crise des réfugiés par voie maritime qui atteint des proportions historiques" indique le rapport, précisant que ces migrants "qui arrivent par voie maritime en Europe sont des réfugiés, qui cherchent une protection contre la guerre et les persécutions".
Le HCR estime également qu'il ne s'agit que d'un premier bilan et que les chiffres pourraient considérablement augmenter au cours des mois à venir. Il indique à titre d'exemple que le nombre de migrants voguant en Méditerranée vers l'Europe était de 75 000 au premier semestre 2014, puis de 219 000 en fin d'année. Un tiers des migrants débarqués en Grèce et en Italie ces 6 derniers mois seraient syriens, tandis que 12% seraient afghans.
Mais les conditions de fuite sont déplorables et ils sont nombreux à avoir péri en mer. En effet, 1 867 personnes auraient trouvé la mort lors de leur périple, dont 1 308 seulement en avril 2015. "Avec la bonne politique, soutenue par une réponse opérationnelle effective, il est possible de sauver plus de vies en mer" indique le HCR, précisant qu'il faut rester "vigilant".Celui-ci explique également que l'Italie a enregistré 67 500 arrivées au premier semestre 2015, contre 68 000 pour la Grèce. Des chiffres en hausse puisque les côtes grecques n'avaient accueilli que 43 500 migrants à la même période en 2014.
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